Marcel essaie l’ « Apéritif »

19 heures pétantes, Marcel ressent un besoin primitif. Son instinct de survie le pousse. C’est comme ça, c’est dans ses gènes. A 19 heures, on boit l’apéro ! Un principe de base qui vaut pour tous, même en Éthiopie.

Sous les 25 degrés et la chaleur étouffante des pots d’échappement, il se jetterait bien une petite blonde. Les choix ne manquent pas. Les troquets – qui ne manquent pas eux non plus – étalent sur leurs murs, leurs chaises, leurs tables, leurs parasols, des publicités pour la Meta ou la Saint-George. Deux bières légères (4,5°), servies à la bouteille format 33 cl, ou à la pression en 40 cl. La Saint-George (saint patron de l’Éthiopie – ET de la Bourgogne) existe aussi en ambrée (6°). La Dashen provient, elle, de Gondar, au nord-ouest du pays. Plus trouble, cette blonde plaira aux papilles alertes. Mais l’importation jusqu’à Addis Abeba coûtant cher, elle est rare dans la capitale. Afrique oblige, la fameuse Castel, brassée au Cameroun, est omniprésente, en bouteille ou en pression. Marcel saura se faire plaisir, pour une modique somme, entre 9 et 25 ETB la bière (0,5 à 1 €).

La Saint-George est une bière locale. Il y a aussi la Meta ou la Dashen

La Saint-George est une bière locale. Il y a aussi la Meta ou la Dashen

Mojitos et caïpirinhas inconnus au bataillon

Bien installés dans le jardinet du bistro, les compères de Marcel travaillent sérieusement du coude. Dans la journée, les bars éthiopiens prennent l’allure des Biergarten allemands tant il est dans les mœurs de descendre sa pression. Le soir, c’est autre chose. En grignotant un morceau, Marcel tient à son coup de rouge. Ça aussi, c’est une question de gène. S’il se sent vaillant, il se laissera tenter par le vin éthiopien, l’Axumi, produit dans le royaume d’Aksoum, à l’extrême nord du pays. Les vignes poussent à flan de coteaux sur les hauts plateaux. Notre Marcel n’a jamais été un fin gourmet. D’où sa non réticence à taper dans la bouteille. Les Ethiopiens, s’ils sont fiers de produire eux-mêmes leur vin, ont la présence d’esprit selon les uns, ou le mauvais goût selon les autres, de le couper avec du Coca-Cola.

Plus téméraire, Marcel osera peut-être tremper ses lèvres dans une spécialité locale. De loin, l’hydromel ressemblerait à un simple jus d’ananas. C’est pourtant du vin de miel, au goût sucré mais avec un fond d’acidité qui rappelle l’eau-de-vie trop fermentée… Pour les soirées, les vraies, inutile de chercher du côté des mojitos et autres caïpirinha, quasiment inconnus ici. Pour l’alcool plus corsé, Marcel tapera donc dans ce qui est tout simplement appelé «l’Apéritif» . Cette liqueur (32°) très amère, proche du Campari, est produite à base d’herbes. On la sert avec de l’eau gazeuse, du citron vert et le Cognac local. Car ici, on aime bien recréer les boissons des autres. C’est pourquoi après la Grèce, l’Ethiopie est le seul pays où l’on trouvera de l’Ouzo partout (41°). Et ça, ça plaît à Marcel. Son pastis lui manquait déjà.

J.B.

© Jean-Marie Guéno

© Jean-Marie Guéno

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