Marcel essaie les transports urbains

Quelque soit la situation, Marcel aurait toujours préféré vendre sa propre mère que de débourser un centime. Mais en plus d’être une vraie pince, Marcel est un sportif, un vrai. Il regarde le tour de France chaque année.

Du haut de son avion qui le débarque sur le tarmac d’Addis Abeba, Marcel se réveille, courbaturé, les joues ridées par les mailles du pull-coussin. Depuis le hublot, il aperçoit la terre ferme. Nom de dieu, des montagnes ! Et oui Marcel, Addis Abeba culmine à 2500 mètres d’altitude. La quatrième plus haute capitale du monde ! Mieux vaut laisser tomber le vélo, tes poumons de fumeur de Gauloises s’en remettraient pas.

Les taxis, moyen de transport de luxe

Le taxi, moyen de transport de luxe

A la sortie de l’aéroport international de Bole, les Lada et Toyota bleues font du touche-touche. « Taxi ? Taxi mister ? » Payer pour se déplacer ? Jamais avec Marcel, question de principe. Sauf que sa carte indique six kilomètres jusqu’au centre-ville. Bon crotte, ça ira pour cette fois. Marcel s’entasse au cul d’une carcasse. « City center ». Un quart d’heure après, Marcel arrive à bon port. 300 birrs. Ça fait mal, mais Marcel paye. En revanche, Marcel comprend vite qu’il aurait pu dîner cinq fois au resto pour ce prix là… Toujours diviser par deux le prix de la course avant de monter, Marcel ! Pour traverser la ville d’un bout à l’autre, il faut compter entre 100 et 150 birrs (soit 4€). Pour rejoindre un quartier depuis le centre-ville, 50 à 70 birrs suffisent (2 à 3€). La nuit, les prix grimpent vite.

Plus jamais il s’y fera prendre. Marcel opte pour les minibus, bleus eux aussi, de la taille d’un combi Volkswagen. Une traversée pour 10 birrs max (0,40€). Et le bazar commence. D’abord, trouver où prendre le bus… Pas compliqué : sous le cagnard, les arrêt de bus, ce sont les arbres. Sinon, il suffit de faire signe au chauffeur.

Quatre centimes le trajet

Il est midi, les travailleurs rentrent à la maison. L’heure de pointe fait mal. Une dizaine de bus pleins lui passent sous le nez à Marcel. Faudra jouer des coudes. Et depuis son hôtel jusqu’à l’ambassade France, il devra changer deux fois. Deux fois la même galère. Aucun plan n’existe. Faut se renseigner. Mexico ? Kanzachis ? Bole ? Meganagna ? Mieux vaut avoir en tête la carte de la ville et l’emplacement des quartiers. « Arat Kilo, Arat Kilo, Arat Kilo » gueule un bonhomme par la fenêtre. Lui, c’est le vendeur de tickets, mais sans les tickets. Monte Marcel! Cinq minutes plus tard, il demandera deux ou trois birrs et hurlera encore « Arat Kilo ». Tout le monde descend. Rebelote au changement. Une heure plus tard, Marcel arrive enfin. Son portefeuille, lui, est resté dans les poches de son pickpocket. C’est connu Marcel, dans les transports publics, faut pas sortir les mains de ses boursiquettes.

Si par chance quelques piécettes trainent encore au fond du sac, ça suffira pour l’option hyper bon marché. Dans les bus beige et vert, le trajet ne coûte qu’un birr (0,04€). L’effet bétaillère est garanti. Mais pour les bains de foule hardcore, les vrais de vrais – genre soixante personnes, odeur de dessous de bras offerte par la maison – les bus rouge et jaune sont le top. Ils rallient les extrémités de la ville sur de longues distances. Des panneaux, rouge et jaune aussi, donnent les numéros des lignes et leurs destinations… Encore faut-il comprendre l’amharique.

J.B.

© Jean-Marie Guéno

© Jean-Marie Guéno

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